• Le jour se lève...

     

     Le jour se lève...




    " L'infini des nuances de noir ne permet pas encore de distinguer la tombée de la nuit du lever du jour.

    Les innombrables bruits des silences de l'instant se succèdent et composent le temps.

    Le souffle bruyant des arbres invisibles agite mes pensées.

    Tic tac, tic tac, tic tac...inlassablement... inéluctablement... irrémédiablement...

    Le premier chant d'un oiseau atteint tout juste mes tympans et sa vibration est l'unique signe de vie à l'extérieur.

    Ma respiration s'agite déjà, consciente de l'être qu'elle alimente.

    Des volutes semblent apparaître, subtilement auréolées de jaunes.

    Tout à coup, je caresse le temps et l'accueille à cœur ouvert.

    Dans le noir agonisant, je devine en filigrane les contours de ma journée...


    Tic tac, tic tac, tic tac...

     

    Le dessin encore partiel d'une fenêtre apparaît à mes yeux pourtant encore fermés !

    Fermés ? Comment ça fermés ? S'ils étaient fermés, comment pourrais-je apercevoir ce trait noir qui capte cette infime lumière naissante ?

    Je maintiens fermement les paupières closes, et pourtant, je sais, je sens, je vois ?...ce petit trait se glisser entre le mur et les volets...

     

    Tic tac, tic tac, tic tac...

     

    Je m'accroche à des lambeaux de sommeil, comme pour ralentir, profiter, vivre plus longtemps encore.

    Comme si de dormir était vivre ! Comme si de vivre était de dormir !

    Une léthargie réflexe, non désirée et pourtant chaque soir tant attendue !...

     

    Irrésistiblement, ma conscience se faufile adroitement entre les brumes de mes pensées. Elle gomme peu à peu ce noir qui m'a envahi tout entier la veille, qu'il m'est impossible de conserver plus longtemps, et duquel je me sens extrait par une force invisible, impalpable, sans forme ni consistance, et pourtant incommensurable.

     

    Tic tac, tic tac, tic tac...

     

    L'éveil suit le sommeil, comme la lumière suit l'obscurité. Mais qu'y a-t-il entre les deux ?

    Un carré de lumière naissante à la fenêtre ?

    Des idées vagabondes ? La conscience du paradoxe quotidien qui prend fin ?...

     

    Le temps ! La vie ! La lumière ! Du bruit !

    La nuit se meurt.

    Le jour se naît.

    Je me réveille...

    Aujourd'hui est le premier jour du reste de ma vie. Tant (temps) mieux demain..."

                                                                                                        Michel D.

                                                                                Chez Nadine et François le 14 février 2011


     

    Si vous avez des observations à faire sur les textes de Michel,. Vos critiques constructives seront les bienvenues. Merci. Michel. mdelenne@orange.fr