• Pense au monde avec amour


    Il faut que tu te sentes bien pour que le monde se sente bien à son tour ; le monde dépend de ton bonheur et de ton bien-être. Alors détends-toi. Ainsi, lorsque tu envoies des pensées d’amour pour tous les êtres sur terre le matin à ton réveil, ces pensées seront d’autant plus fortes, d’autant plus belles et pures, et auront d’autant plus d’aisance à voyager jusqu’au cœur de chaque être, si toi-même tu te sens bien, heureux et rempli d’amour.

     

    Pense au monde avec amour aussi souvent que tu le peux ; le monde en a besoin. Et si le monde a besoin de notre amour, c’est qu’il peut le recevoir, c’est qu’il a suffisamment d’espace pour cela. Comment pourrait-il en être autrement, puisque l’amour ne prend pas de place, ne remplit pas d’espace, mais qu’au contraire il ouvre et donne de l’espace au cœur même des êtres et des situations, offrant de nouvelles perspectives, une vision renouvelée de soi-même et des autres. L’amour renouvelle car l’amour est fraîcheur.

     

    Pense au monde avec amour, sans calcul, sans intéressement, par pure générosité et par pure compassion.

    Tu es en droit de te demander : « mais où est le monde, comment l’atteindre ? » Le monde est là où tu te trouves, dans l’invisible aussi bien que dans le visible de ce qui t’entoure ; le monde est encore là où tu respires, car ton souffle conscient te mène à une intimité avec ton être propre d’où partent tes prières les plus sincères, les plus profondes et les plus justes pour le monde. Cette intimité est une proximité dans la présence ; et la présence n’est autre qu’un esprit éveillé et alerte, un cœur ouvert et généreux, une conscience attentive à la vie dans l’instant. A toi de faire de cette attention privilégiée qu’elle soit bienveillante envers tous ; c’est alors là qu’elle prend un rôle actif et utile au service des êtres.

     

             Nous sommes tous des passants sur terre ; et la compréhension et la vision de cette évidence du caractère éphémère de nos existences doit suffire à nous remplir d’amour pour tous les êtres. Nous sommes tous indéniablement de passage seulement dans cette vie, et tout nous échappe si vite, tout file déjà qu’on ne peut retenir quoique ce soit, rien ni personne _ comme l’eau qui ruisselle et coule et qu’on ne peut arrêter ou saisir ; comme l’air et le vent qui se déplace et souffle et qu’on ne saurait posséder. La seule joie dans tout cela est de simplement laisser être. Ainsi, reconnaître l’inexorable fluidité du temps et des êtres, et le constant mouvement du cours des choses qui l’accompagne, est un véritable facteur d’éveil sur le caractère transitoire de la Réalité. Quelle libération en vérité !

    L’amour et la compassion pour tous les êtres sans exception nous sont alors tout naturels, car animés par un profond sentiment de reliance et d’unité, et une lumineuse intuition du potentiel dynamique de cette vie partagée qu’est la nôtre.

     

    A la question : « Qui suis-je ? », je peux tenter de répondre que ‘je suis l’instant présent ; je suis là où je me trouve ; je suis ce qui est là où je me trouve ; je suis cela sans l’être ; je suis cela sans y être ; toujours changeant, jamais le même. Car je suis un avec le flux de la Réalité qui n’existe qu’en un éternel présent insaisissable.

             Ou encore : ‘je suis là où mes perceptions se posent et s’arrêtent ; je suis ce que je perçois au moment où je le perçois sans non plus être cela… je suis parfois ce que je fais de ces perceptions, ce que j’en saisis et en interprète pour mon profit ou son contraire, à mon avantage ou à mon désavantage…’. En d’autres mots : « je suis le monde tel que je le vois, je suis la vie telle que je la respire ! »