• Respirer pour le monde

           

             Le monde a besoin de nous et nous avons besoin du monde. Partout où il y a la vie nous sommes rassemblés, car la vie est en nous et nous sommes la vie : le vent souffle sur nos joues, la lumière étincelle nos yeux, la terre prend appui sur nos pas… Et tout ce qui se fait entendre nous parle de Dieu, de cette symphonie de l’Instant, instantanée mélodie qui nous réveille dans nos cœurs, qui éclaire et libère nos esprits étourdis.

         Nous sommes là tous ensemble, dans le silence ou dans le bruit, dans le visible ou l’invisible, manifestés ou en pensée…

         Et nous respirons comme nous aimons, et nous aimons comme nous respirons.

             Jamais nous ne ferons assez les uns pour les autres, pour ce frère en détresse, pour cette sœur en peine. Pourtant, toujours nous essayerons, contre vents et marées, de témoigner un tant soit peu d’une écoute attentive, d’un regard bienveillant, et d’offrir, à nos dépens s’il le faut, cette mesure de compassion nécessaire à l’amitié sur terre ; cette dose d’amour allée puiser jusques aux profondeurs de notre être remué par la douleur de l’autre, par son besoin d’amour et d’amitié, son besoin de reliance à la vie et au monde. Cet autre… c’est nous.

    Etre là pour le monde, vivre avec l’univers

    Qu’ai-je d’autre à enseigner ?

    Porté par le vent, bercé par la terre

    Puissé-je avec bonté m’appliquer à servir dans la joie tous les êtres.

              Etre là pour le monde et ne pas s’endormir. Veiller à ce que tous aient de quoi se couvrir des frissons de la nuit de la grande solitude. Offrir la joie, le réconfort à tous ceux qui attendent sur le pas de leur porte la visite impromptue de l’ami et du frère, de la sœur, voyageur de fortune, porteur de liberté qu’on n’osait espérer encore et davantage ; cet ami voyageur… que nous sommes pour le monde !