• « Un nouvel éveil à la Source de la vie »

     

                Ce que j’ai envie de commencer par dire c’est que je suis très heureux de vivre la vie que je vis parce que je me sens très libre. Je suis libre d’aimer et de contempler, libre d’écouter et demeurer silencieux, je suis libre de parler avec douceur et franchise, libre de chercher à comprendre et à pardonner aux autres, je suis libre d’être attentif, de prendre mon temps et d’apprécier la vie pleinement. Je suis libre et heureux parce que je peux enfin vivre toutes ces valeurs qui me sont si chères et qu’il m’était si difficile auparavant de laisser s’exprimer naturellement, même (et surtout) au sein de ceux qui m’étaient si proches comme ma famille et mes amis. Aujourd’hui, je considère que je suis là où je suis pour aimer. La vie est merveilleuse et incertaine : on ne sait pas combien de temps il nous reste à vivre à chacun, c’est pourquoi je veux faire de chaque jour le meilleur usage qui soit, je veux offrir ma présence et mon attention bienveillante à chaque situation de la vie, aux êtres avec lesquels je vis, à tous mes amis, même à nos compagnons les animaux, les insectes, les arbres et les plantes, à la terre, au vent et à l’eau.

     

                Lorsque nous sommes encore jeunes, la plupart d’entre nous nourrissons un idéal de vie, reflet de notre soif profonde de connexion avec l’univers et avec ses modes infinis d’expression. Cela concerne l’amour véritable aussi bien dans notre relation avec les autres qu’avec notre mère la Terre et la Nature en général à travers tous les êtres ; cela concerne encore notre façon d’exprimer la Beauté en tant qu’art, soit par le biais de notre propre personnalité ou encore au moyen de talents divers tels que l’écriture, la peinture, la musique, le théâtre, et tout autre chose.

                D’une manière ou d’une autre, il s’agit tout simplement d’être vrai avec nous-mêmes et de retourner à la Source de la vie en nous et tout autour de nous. Il s’agit encore et depuis toujours de trouver son identité et son soi véritable.

     

                Peu après nous être r-éveillés à cette Source d’amour inhérente à la vie, à cette Vérité universelle concernant  l’Unité de toutes choses et de tous les êtres, nous en venons à faire face à la contradiction que présente un monde social, éducatif et culturel dont le fonctionnement semble voué à nier tout de notre découverte de l’amour et tout de notre sensibilité à la Beauté chez l’humain. C’est alors que contradictions et conflits apparaissent pour s’élever entre l’homme naissant et nouveau en nous, la femme naissante et nouvelle en nous, et le monde extérieur dit « civilisé ». Cela nous conduit inéluctablement, semble-t-il, à la confrontation avec l’autorité sous toutes ses formes, y compris et à commencer par celle de nos parents, puis par la suite avec tout type d’autorité institutionnelle. Conséquence de quoi s’ensuit une résistance qui s’exprime de deux manières différentes : l’une consistant à combattre l’injustice et les faux espoirs générés par la société et ses régents, l’autre consistant à accuser la désillusion et lutter en silence. La première voie donne libre cours à la violence extérieure, alors que l’autre la dirige vers l’intérieur. A ce stade, la plupart d’entre nous en viennent à se sentir incompris et pris au piège, à la fois très en colère et en révolte, tout en s’évertuant à garder l’équilibre et s’accommoder du théâtre de la vie quotidienne.

     

                Chers amis, on se trouve ici avec une réserve d’énergie qui nous vient à la fois de cette reconnaissance de notre appartenance véritable à la vie, et en même temps du rapport conflictuel que cette reconnaissance engendre face à la réalité sociale. Il est temps pour nous aujourd’hui d’user de cette ressource avec sagesse et bienveillance et d’en faire un bienfait spirituel qui profite à tous.

     

                Sachant que toute connexion avec le monde et l’univers finit toujours par évoluer en relation, il apparaît clair que la communication joue alors un rôle essentiel dans l’harmonie de cette relation et dans la compréhension mutuelle et la réalisation personnelle qu’elle apporte dans nos rapports avec les autres.

     

                Il nous importe d’apprendre à chaque moment de notre vie à développer l’art de l’écoute profonde et de la parole aimante. Il s’agit toujours de commencer par nous arrêter d’une manière ou d’une autre afin de revenir à nous-mêmes. Cela nous reconnecte ainsi avec le souffle de la vie en nous, permettant aux distractions de toutes sortes de s’apaiser et de cesser de nous tenir à distance de notre soi véritable, de notre vraie demeure. Nous apprenons alors à demeurer dans le moment présent aussi souvent que possible ; et c’est ainsi que nous en venons très vite à maîtriser l’art du regard profond dans les choses de la vie. Nous reconnaissons dès lors de plus en plus ce sentier sur lequel nous avons toujours voulu cheminer, et nous voyons de plus en plus clair quant à la direction que nous voulons prendre ainsi que la façon dont nous voulons avancer. Nous prenons soin de revenir à notre respiration en pleine conscience, unissant le corps et l’esprit ensemble, et nous permettant ainsi de nous sentir libre et solide à la fois. Attentifs à nos habitudes et nos schémas de pensée, à nos émotions, à nos paroles et à nos actions, nous savons être plus heureux, nous acquérons plus de solidité et de paix, et nous pouvons enfin commencer à sourire davantage. A ce moment-là, il n’est presque plus question de rébellion mais plutôt au contraire d’un désir croissant de célébrer la vie, ce qui tend par la même occasion à nous réconcilier avec nous-mêmes et avec les autres. Une énergie nouvelle coule à présent dans nos veines. Du lever au coucher du soleil les situations de la journée sont autant d’opportunités merveilleuses et précieuses qui nous permettent d’apprendre quelque chose. Nous ne pouvons bientôt plus nous empêcher de cultiver la joie et l’amour au travers de sourires qui n’ont de cesse de nous rappeler à la nature même de notre découverte, de cette compréhension que tout est un, que nous sommes tous et toutes impermanents et précieux, et que, par conséquent, il n’y a plus qu’une chose qui compte vraiment dans cette vie, c’est d’être là pour les autres tout autant que pour soi.

     

     

            Lorsque nous en avons la chance, lors de rencontres de stages, séminaires,  retraites, des temps de vie partagés ensemble sur plusieurs jours sont l’occasion d’apprendre à être là les uns pour les autres, présents et attentifs, de sorte à voir se créer les liens d’une véritable amitié : bien plus et mieux encore, nous devenons réellement des frères et des sœurs les uns pour les autres. C’est aussi une redécouverte de notre propre jeunesse où nous apprenons à travers l’autre à reconnaître ce que nous avons nous-mêmes vécu de joie et de difficultés dans notre propre histoire de vie : les luttes et les doutes, les craintes, les désespoirs, autant que les espérances, les soifs et les élans de vie, les optimismes débordants, les envolées lumineuses.

     

            Quant à moi, je découvre chaque jour qu’être jeune ne se résume pas au facteur de l’âge physique. Je reconnais la jeunesse dans la fraîcheur d’un visage, dans la luminosité d’un sourire, dans l’éclat d’un regard, et tout cela se rencontre dans la disponibilité qu’un être offre à la vie dans le moment présent. Je crois bien qu’être jeune, c’est cela. C’est être tout à fait vivant. Et je crois bien que c’est exactement ce que nous pouvons apprendre à faire, à vivre et à partager ensemble au fil du quotidien. Nous pouvons apprendre ou réapprendre à vivre dans un climat de paix, de calme et de joie partagée, dans une atmosphère d’harmonie et de confiance, de respect et d’acceptation des uns des autres, de ce que nous sommes et de qui nous sommes réellement.

     

          Je nous invite tous et toutes à venir se rejoindre pour faire l’expérience du sourire et de l’amitié véritables.  Nous commençons par déposer les tensions et les contraintes, les soucis et les inquiétudes, par nous détendre et nous reposer de la poussière et la fatigue de nos existences. Puis nous apprenons à sourire, à recevoir,  partager et donner. Nous goûtons la liberté et la joie qui sont possibles en cette vie même dans des relations nouvelles, fraîches, pleines d’espace et d’espoir. Cela est possible n’importe où et n’importe quand sur Terre. Cela dépend de nous, de nous seuls.

     

                De tout mon cœur, je nous souhaite un bon voyage jusqu’à cet endroit en nous-mêmes où nous nous reconnaissons pleinement dans une relation authentique à la vie.

     

     

                                                   Soyons en paix, soyons libre !